
Le harcèlement scolaire, l’affaire de tous. Que ce soit dans les établissements scolaires, dans la rue ou bien même à la maison… Les conséquences du harcèlement sont parfois invisibles aux yeux des adultes. Pour sensibiliser toutes les générations, la municipalité de Lagny-sur-Marne s’engage. Le mardi 14 novembre 2023, c’est dans une salle du cinéma Le Cinq qu’une soirée-débat a rassemblé une multitude d’acteurs locaux. Objectif ? Faciliter les échanges entre toutes les parties pour accompagner les victimes.
Pourquoi la ville choisie-t-elle de s’engager ? Depuis plus de quatre ans, la municipalité travaille massivement sur le sujet du harcèlement. « On sait bien que le harcèlement peut conduire à des drames, on sait que ça conduit à des énormes souffrances et on sait que le phénomène est compliqué. Les spécialistes l’ont dit… Il faut parler, parler, parler ! Une fois qu’on a dit ça, il faut savoir à qui parler. » Pour trouver une oreille attentive, les jeunes victimes sont souvent démunies… Pour faciliter les démarches, la ville a décidé de mettre toutes les parties autour d’une même table. « Il y a trois collèges et deux lycées, des écoles, le harcèlement est plutôt réparti sur les collèges et les lycées mais il y a un nombre énorme d’élèves… Forcément, vous avez un nombre de cas qui est proportionnel. Lagny n’est pas une ville où il n’y a plus d’harcèlement ou moins qu’ailleurs. C’est une ville qui prend soin de tous. » A l’opposé d’une ville dortoir, la municipalité cultive le vivre-ensemble pour ses habitants. « Il faut sensibiliser ceux qui sont harcelés pour qu’ils puissent parler. Il faut aussi sensibiliser les harceleurs, il y a le côté punition (le côté pénal) et il y a un autre côté : pourquoi et est-ce que tu te rends compte des conséquences ? On s’aperçoit souvent que les harceleurs ne sont pas conscients, ils ne savent pas exactement ce qu’ils font. » L’écoute à toutes les échelles, une première étape qui fait avancer les discussions.


Une soirée-débat qui rassemble. Dans la salle, il y avait aussi bien des parents d’élèves, des jeunes que des encadrants du quotidien. Comment peut-on l’expliquer ? « Ce n’est pas un phénomène nouveau, il est plus médiatisé maintenant parce que les réseaux sociaux et les médias se sont emparés du sujet… Ils ont relayé des drames. Les réseaux sociaux amplifient le phénomène. C’est vraiment important qu’il y ait toutes les personnes qui sont concernées par le sujet. » Des intervenants qui se sont succédés sur scène autour de quatre tables rondes pour développer leur point de vue. « On a voulu le brosser sur tous les angles du sujet avec des psychologues, des personnes de l’Education Nationale et des victimes pour faire un point global. » En faisant le point sur les problématiques, ils ont pu échanger sur différentes marges de manœuvre (avec une évolution des réponses pénales). « Quatre temps forts avec des intervenants de qualité, ils ont chacun apporté leur point de vue du harcèlement scolaire. C’est intéressant… Comme dans un accident de voiture, les deux protagonistes ont des visions différentes. On a le même enfant mais pas la même façon de voir les choses. » Au fil du temps, d’autres initiatives pourraient voir le jour.
Quelles actions concrètes sont menées par la municipalité ? Que ce soit à l’échelle de la commune ou à celle de Marne et Gondoire, les équipes sont mobilisées. « Au sein des centres de loisirs, on a commencé par former tous nos animateurs et directeurs pour pouvoir être capable d’accueillir la parole de l’enfant. Pendant les vacances d’automne, on a eu trois centres de loisirs qui ont été sensibilisé. » Les échanges sont centralisés sur les violences sexistes et sexuelles. « On développe l’empathie, l’attention à l’autre, les compétences psychosociales pour être en capacité d’être à l’écoute. » Dans tous les accueils de loisirs, il y a un référent harcèlement qui est formé et capable d’accueillir la parole des jeunes. « On travaille à l’échelle de Marne et Gondoire, plus spécifiquement au sein des établissements scolaires (6ème, 5ème), pour proposer des formations dispensées par l’association Les maltraitances, moi j’en parle. » Une formation qui donne quelques codes aux formateurs et aux enfants. « Il y a déjà quatre établissements scolaires qui ont émis un avis favorable à l’accueil de cette association. La contrepartie, c’est que l’association agit auprès des élèves une fois que les équipes éducatives sont formées. » Le personnel de l’intendance, les infirmières ou même les surveillants… Ils sont tous formés et prêts à agir. « Il y aussi des interventions menés par le Point d’Information Jeunesse et le Centre d’Information Jeunesse. » A Lagny, la question du harcèlement scolaire est prise au sérieux.


Echanger avec tous les enfants, éveiller les consciences. Au quotidien, les intervenants sont à l’écoute de toutes les enfants. « Un élève harcelé souffre mais un élève harceleur est en souffrance aussi. C’est ce qui nous permet de développer le principe de communauté où quand il y a un élève harcelé en classe de seconde, c’est le copain à côté qui est capable de dire ‘stop, tu vas trop loin’. » En discutant, les jeunes développent des compétences et prennent conscience du phénomène. « On travaille sur la santé mentale. En amont, on a un médiateur de prévention sur Lagny qui intervient auprès des classes de CM2 dans beaucoup d’écoles de Lagny pour travailler sur le climat scolaire. On fait des médiateurs élèves qui sont formés et diplômés à travailler sur le climat scolaire dans les cours de récréation. » Ils apprennent à gérer un conflit, y mettre de la distance et être à l’écoute des uns et des autres. Un dispositif très apprécié !
La dernière soirée-débat s’est déroulée au cinéma Le Cinq, elle revenait sur la question du harcèlement scolaire. Le format devrait revenir sur une nouvelle thématique.





















