Crédits photo : Image transmise à Crazy Radio

Blocus des lycées, la mobilisation se durcit en Seine-et-Marne. Les images sont dans toutes les têtes… Depuis le lundi 28 septembre 2026, ce sont des milliers de lycéens qui se sont mobilisés pour manifester devant leurs établissements scolaires. Locaux délabrés, surcharge des classes et manque de professeurs… De Lagny-sur-Marne à Meaux, tout en passant par Coulommiers, les revendications des lycéens sont unanimes : ils dénoncent un manque de moyens financiers. Une mobilisation qui se traduit désormais par la violence… avec notamment des tirs de mortiers, des feux de poubelles et des scènes d’affrontement avec la police municipale. Une crise nationale gérée par les acteurs locaux.

Minute par minute, des acteurs sur le qui-vive. Après de premières manifestations pacifiques, le mouvement des lycéens a rapidement été perturbé par des affrontements violents. Le vendredi 2 octobre 2026, ce sont près de 400 établissements scolaires qui ont fermé leurs portes en France. En étroite collaboration avec les agents de la police municipale et les proviseurs des établissements, Nathalie Tortrat (Conseillère régionale en charge des lycées de Thorigny-sur-Marne, Champs-sur-Marne, Serris, Lagny-sur-Marne et Lognes) s’est rendue sur place pour échanger avec les lycéens, leurs parents et leurs professeurs. « Il y a plus de violence qu’au premier jour… Parfois, cette violence est attisée par des hommes et des femmes politiques. Sur le font, les étudiants ont certainement raison de manifester, on l’a fait dans d’autres temps. Par contre, manifester dans la violence… Ce n’est pas une façon de faire ! » Suite à de nouveaux affrontements, certains établissements du secteur ont fermé leurs portes, dès 14h. Pour désamorcer de nouveaux débordements, les effectifs de la police municipale sont pleinement mobilisés sur le terrain (pour notamment confisquer des projectiles). « Nous comprenons leurs revendications, mais nous ne comprenons pas qu’ils brûlent. Depuis le début, nous en sommes déjà à 1 millions d’euros de dégâts. C’est énorme ! Il y a eu des affrontements violents dans une cinquantaine de lycées. Une cinquantaine de portails complètement détruits. La violence ne résout rien ! On le constate, ce ne sont pas nos lycéens qui cassent devant les lycées. » Cagoulés ou masqués, les casseurs viennent d’autres communes pour participer à des affrontements. « Le service de la Poste a annulé les distributions d’ordinateurs de peur que leurs agents se fassent embêter. Encore une fois, la Région Ile-de-France gère les bâtiments. Les professeurs, les classes surchargés et le manque d’effectif, c’est l’Education Nationale. » En 2026, la Région Ile-de-France a investi plus de 1,9 milliards d’euros sur les lycées franciliens pour qu’ils soient rénovés, réhabilités ou construits. Un budget total de plus de 20 milliards depuis 2016. « D’ailleurs, Valérie Pécresse nous a demandé de lui faire remonter toutes les informations qui émanent du terrain pour faciliter le chiffrage de tous les dégâts. Ce qui m’attriste, c’est de voir qu’on met autant d’argent… pour voir ça partir en fumée. Cette année, on a doublé le budget pour la réussite de nos élèves. » Le coût total des dégâts n’a pas encore été chiffré. De nombreux investissements pourraient être retardés. La semaine prochaine, de nombreux étudiants devront suivre leurs cours en distanciel.

« Les proviseurs sont inquiets, les professeurs sont inquiets, le personnel est inquiet… Certains se sont pris des jets de pierres, ce n’est pas normal, ils ne sont pas là pour se faire caillasser, ils sont là pour enseigner et aider les élèves. On est là pour leur donner les meilleures conditions. » Pour l’heure, la Région Ile-de-France compte déjà plus d’1 millions d’euros de dégâts. Un chiffre qui devrait s’envoler dans les prochains jours…

Nathalie Tortrat, Conseillère régionale en charge de plusieurs lycées franciliens (Thorigny-sur-Marne, Champs-sur-Marne, Serris, Lagny-sur-Marne et Lognes) est au micro de Crazy Radio