La situation financière inédite de Jouarre. Équipements disparus, projets fictifs, factures impayées et dette colossale… Depuis son élection à la tête de la commune de Jouarre, Gabriel Dagorn découvre tous les dossiers. Le lundi 11 mai 2026, le maire a réuni une centaine de jotranciens lors d’une réunion publique placée sous le signe de la transparence. A l’heure actuelle, il y aurait plus de 940 000 euros de dettes… Une douche froide pour le nouveau maire de Jouarre qui continue de recevoir des mises en demeure venant d’entreprises ou même de commerçants locaux. Explications.

Une page se tourne, un nouveau chapitre qui s’écrit. Quelques jours seulement après le précédent Conseil Municipal, la nouvelle municipalité a réuni les jotranciens dans la salle polyvalente de Jouarre. Une réunion publique pour échanger avec les habitants et répondre à toutes leurs questions. « On s’est engagé à être transparent avec les habitants… En arrivant, on a découvert une situation inédite pour une commune comme la nôtre. Lors du dernier Conseil Municipal, plus de 200 personnes sont venues… Des agents de la DGFIP (Direction général des Finances Publiques) ont expliqué aux habitants qu’on était vraiment dans une situation compliquée. » Après plusieurs semaines de mauvaises annonces, Gabriel Dagorn souhaitait passer un message d’espoir. « Nous appelons à la résilience pour faire en sorte que les habitants se servent les coudes… et que nous trouvions dans ce moment difficile : des solutions pour aller de l’avant. On est dans un village où de nombreuses ressources existent. Aujourd’hui, des gens se portent volontaires pour faire des travaux et nettoyer le stade de Courcelles. » Les habitants sont déjà tous pleinement mobilisés pour soutenir la nouvelle équipe municipale. Une quarantaine de bénévoles se sont réunis pour créer un Comité des Fêtes et animer le village. Des forces vives qui s’unissent pour rebâtir Jouarre. La réunion publique a également permis aux riverains d’échanger avec le Président de la Communauté d’Agglomération, Ugo Pezzetta (et éclaircir certaines rumeurs). « C’était important que je sois là à Jouarre pour soutenir la municipalité, aujourd’hui. D’abord, parce que la municipalité me l’a demandée. Ils m’ont interpellé dès la prise de fonction pour m’expliquer la situation inédite dans laquelle ils étaient. Je voulais aussi répondre aux habitants qui me sollicitent depuis un certain temps… Non, la situation de Jouarre n’est absolument pas normale. Non, ce n’est pas une situation qu’on retrouve dans toutes les communes. » Lors de la réunion publique, Gabriel Dagorn a révélé que le matériel des services techniques avait disparu, que les investissements annoncés étaient inexistants (pour la création d’un pump track et l’installation d’une cabine médicale) et que les frais de cantine des enfants étaient impayés… Tous les jours, la commune reçoit des mises en demeure. A l’heure actuelle, la commune peut compter sur le soutien des communes environnantes et de son agglomération. Le Conseiller départemental du canton a également précisé ne pas avoir vu passer de dossier de subvention au Conseil départemental (depuis plus de dix ans).

Gabriel Dagorn, Maire de Jouarre et Ugo Pezzetta, Président de Coulommiers Pays de Brie Agglomération sont au micro de Crazy Radio
Gabriel Dagorn, Maire de Jouarre est au micro de Crazy Radio

Des centaines de factures impayées, la douche froide. Pour rembourser la dette structurelle de la commune, il faudrait attendre plus de 55 ans… Une situation inédite. La commune de Jouarre peut-elle s’en sortir ? « On n’a vraiment pas les moyens de faire un audit, ce sera la Chambre régionale des comptes qui le fera pour nous. On hérite sur l’exercice 2025 de plus 511 000 euros de factures, on a déjà près de 430 000 euros engagés sur 2026. Une fois qu’on a payé les salaires, il nous reste juste de quoi payer les assurances, les mutuelles, les frais de sécurité et sanitaires. En ce qui concerne, le fonds de roulement de la commune… On est sur 0,08 donc moins d’une journée. » La Chambre régionale des comptes est désormais entièrement penchée sur la situation financière de la ville. Les services doivent prochainement revenir vers l’équipe municipale avec un ordre de marche… « Si, le Conseil Municipal refuse de suivre les recommandations… On risquerait d’être mis sous tutelle. Ce n’est pas ce qu’on souhaite, on souhaite continuer à aller de l’avant. » Le budget communal a déjà été largement étudié… Le budget de fonctionnement de 4 millions d’euros présente un déficit de 600 000 euros (ce qui est illégal). « C’est ce qui nous a contraint lors du premier Conseil Municipal de devoir augmenter les impôts. Nous sommes tous jotranciens, il est toujours difficile d’augmenter les impôts. C’est la seule marge de manœuvre pour la municipalité… L’augmentation de 5 points va nous permettre d’avoir une recette fiscale de 198 000 euros. Toutes dotations confondues, l’Etat se désengage de 200 000 euros. » La collectivité prévoir de faire estimer des terrains afin de les racheter et de tenter d’éponger les factures impayées. « On se bat… Aujourd’hui, notre priorité, ce sont nos petits commerçants et artisans (pour régler les factures). Les grosses structures doivent être payées mais, elles ne sont pas prioritaires à nos yeux. On souhaite protéger notre tissu économique local. » Lors des commémorations, les nouveaux élus continuent de rendre hommage à nos héros de guerre… en déposant des gerbes de fleurs à leurs propres frais.

« A nos côtés, on a des communes voisines qui viennent nous aider, on a une agglomération qui est présente, on a les services de l’Etat qui nous accompagne. Nous sommes déterminés à nous sortir de là. Je crois que les habitants nous ont démontré qu’ils avaient envie et qu’ils vont mettre l’énergie nécessaire pour faire en sorte que Jouarre aille de l’avant. » Lors du dernier Conseil Municipal, des membres de la DGFIP se sont déplacés à Jouarre… pour informer les jotranciens. La chambre régionale des comptes est désormais entièrement penchée sur la situation financière de la ville. La nouvelle municipalité ne souhaite pas être mise sous tutelle.