Quarante-cinq ans après ses premiers voyages, le TGV français continue d’écrire son histoire, avec Belfort parmi les territoires industriels qui participent à cette aventure technologique. Depuis sa première mise en service commerciale, le 27 septembre 1981 entre Paris et Lyon, le train à grande vitesse a transporté plus de trois milliards de voyageurs, selon les chiffres de la SNCF. Un anniversaire symbolique pour une industrie qui a profondément transformé les déplacements en France, en rapprochant les grandes métropoles et en faisant du ferroviaire français une référence internationale. En 2025 seulement, 168 millions de voyageurs ont emprunté les services à grande vitesse de SNCF Voyageurs. Des premières rames orange circulant à 260 km/h jusqu’au record mondial de 574,8 km/h établi en 2007, les évolutions techniques ont été considérables. Cette réussite possède une résonance particulière dans le Territoire de Belfort, où les installations industrielles d’Alstom participent depuis des décennies à la construction du matériel ferroviaire. Le site belfortain est notamment associé à la fabrication des motrices des trains à grande vitesse, un savoir-faire qui contribue au rayonnement industriel du territoire. Derrière les performances et les records se trouvent des métiers spécialisés, des compétences techniques et une filière qui représente un enjeu économique important pour le bassin d’emploi local.

L’avenir de cette industrie se prépare désormais autour du TGV M, la cinquième génération de trains à grande vitesse développée par Alstom pour la SNCF, dont le voyage inaugural est programmé le vendredi 6 novembre 2026 sur la liaison Paris-Marseille. Ce nouveau matériel, également connu sous le nom d’Avelia Horizon, doit marquer une évolution importante dans la manière de voyager. Avec une capacité pouvant atteindre 740 places par rame, il pourra transporter environ 20 % de passagers supplémentaires par rapport à la génération précédente, tout en affichant un objectif de consommation énergétique réduit de 20 %. Son architecture à deux niveaux, ses espaces intérieurs modulables, ses aménagements repensés et ses dispositifs d’accessibilité doivent répondre aux nouveaux besoins des voyageurs. La SNCF a commandé environ 160 rames de nouvelle génération à Alstom, représentant un investissement de l’ordre de 4,6 milliards d’euros. Initialement attendu avant les Jeux olympiques de Paris en 2024, ce programme a connu plusieurs reports liés notamment aux phases de mise au point et de validation technique. Pour Belfort, cette nouvelle étape rappelle l’importance stratégique de conserver des compétences industrielles de haut niveau dans un secteur confronté aux défis de la transition énergétique, de la concurrence internationale et du renouvellement du matériel roulant. Le 6 novembre constituera ainsi une vitrine nationale pour une technologie à laquelle contribue le savoir-faire belfortain. Selon des informations publiées le 26 octobre, l’accueil des premiers voyageurs commerciaux serait prévu le 9 novembre, après le voyage inaugural officiel.