À Montbéliard, les forces de l’ordre entendent durcir leur action contre les rodéos urbains et les comportements dangereux sur la route, un phénomène qui continue d’alimenter les plaintes des habitants, notamment en soirée et durant les week-ends. Selon L’Est Républicain, le boulevard circulaire, l’avenue Wilson et leurs alentours font partie des secteurs particulièrement surveillés, certains automobilistes y adoptant des vitesses excessives et des conduites particulièrement bruyantes. Le commissaire de Montbéliard, Paul Mangin, annonce désormais une intensification des contrôles, avec des opérations organisées à des horaires variables afin de rendre les dispositifs moins prévisibles. Une opération menée vendredi soir illustre cette stratégie : 35 verbalisations ont été dressées en quelques heures, notamment pour vitesse excessive, téléphone au volant, défaut d’assurance ou encore usage de protoxyde d’azote. Le parking de la Lizaine est également identifié comme un secteur faisant l’objet de nuisances signalées par des riverains. Les contrôles du week-end ont par ailleurs permis de relever deux très grands excès de vitesse sur le pont de Ludwigsburg : un premier automobiliste a été contrôlé à 102 km/h, tandis qu’un conducteur de 22 ans originaire de Belfort a été intercepté le lendemain à 117 km/h. Dans ce dernier cas, le permis a été suspendu et la BMW immatriculée en Allemagne placée en fourrière. La police constate d’ailleurs qu’une partie des conducteurs contrôlés vient de l’extérieur de Montbéliard, ce qui conduit le commissaire à vouloir maintenir une pression policière régulière sur les principaux axes de l’agglomération.

Cette offensive s’inscrit dans une politique engagée depuis plusieurs mois dans le Pays de Montbéliard. Dès le printemps 2026, les rodéos et les nuisances liées aux véhicules avaient été régulièrement évoqués lors des réunions de quartier : en mai, au Coteau-Jouvent, une habitante avait notamment alerté les autorités sur des motos circulant dans son secteur et sur les importantes nuisances sonores générées par ces pratiques. La police avait alors appelé les habitants à transmettre des informations permettant d’identifier les auteurs mais aussi les lieux où les véhicules sont entreposés. En mai également, après une intervention concernant une BMW de location circulant à vive allure dans le secteur du Pied des Gouttes, le procureur de la République de Montbéliard, Paul-Édouard Lallois, avait annoncé une politique de fermeté passant notamment par l’immobilisation et la mise en fourrière des véhicules impliqués dans ce type de comportements, y compris lorsqu’ils appartiennent à des sociétés de location. Cette stratégie s’est poursuivie en juin avec une opération mobilisant le commissariat de Montbéliard, une brigade motocycliste venue de Besançon et la police municipale, qui avait abouti à la saisie de trois motocross dans la circonscription. Le phénomène est d’ailleurs identifié comme un enjeu de sécurité routière à l’échelle de Pays de Montbéliard Agglomération, dont la stratégie territoriale mentionne explicitement la multiplication des rodéos urbains, les vitesses excessives et la conduite sous stupéfiants parmi les comportements préoccupants, avec pour objectif de renforcer les actions coordonnées de prévention et de sécurité. Sur le plan juridique, le rodéo motorisé constitue un délit : il peut être puni de deux ans d’emprisonnement et 30 000 euros d’amende, avec des sanctions aggravées dans certaines circonstances, ainsi que la possibilité d’immobiliser et de confisquer le véhicule. À Montbéliard, le message des autorités est donc clair : les opérations ne devraient plus se limiter à quelques contrôles ponctuels, mais s’inscrire dans la durée, avec des horaires variables, une surveillance accrue des secteurs sensibles et le recours à la saisie des véhicules lorsque les conditions judiciaires sont réunies.