mardi, octobre 27, 2026
Accueil Franche-Comté Grand Besançon Henri Fertet : à Besançon, le destin bouleversant d’un adolescent résistant célébré...

Henri Fertet : à Besançon, le destin bouleversant d’un adolescent résistant célébré cent ans après sa naissance

Il aurait eu 100 ans ce mardi 27 octobre 2026. Mais Henri Fertet n’aura jamais connu l’âge adulte. Fusillé à seulement 16 ans par l’occupant allemand, ce jeune Franc-Comtois est devenu l’un des visages les plus marquants de la Résistance française. Né le 27 octobre 1926 à Seloncourt, dans le Pays de Montbéliard, Henri Fertet grandit dans une famille d’instituteurs attachée à l’éducation et à la transmission du savoir. En 1937, il rejoint le lycée Victor-Hugo de Besançon, où il se distingue par ses qualités scolaires et sa passion pour l’histoire et l’archéologie. Lorsque la France bascule sous l’Occupation allemande, l’adolescent refuse progressivement la résignation. À l’été 1942, alors qu’il n’a que 15 ans, il rejoint un groupe clandestin animé par Marcel Simon, jeune agriculteur de Larnod engagé dans la Jeunesse agricole chrétienne. En février 1943, cette organisation, qui rassemble une trentaine de membres, intègre les Francs-tireurs et partisans et prend le nom de groupe Guy Mocquet, en mémoire d’un autre jeune résistant exécuté par les Allemands. Sous le pseudonyme d’Émile et le matricule 702, Henri Fertet devient chef d’équipe et participe à plusieurs opérations contre les forces d’occupation. Le 16 avril 1943, il prend part à une attaque contre le fort de Montfaucon destinée à récupérer des explosifs. Le 7 mai, son groupe sabote un pylône électrique à Châteaufarine, près de Besançon. Le 12 juin, il participe à une attaque contre un commissaire des douanes allemand sur la route de Quingey, une opération au cours de laquelle le fonctionnaire est mortellement blessé. Recherché par les autorités allemandes, le lycéen est arrêté le 3 juillet 1943, vers trois heures du matin, au domicile de ses parents, à l’école de Velotte. Incarcéré à la prison de la Butte, à Besançon, il subit interrogatoires et tortures pendant 87 jours. Le 18 septembre, un tribunal militaire allemand le condamne à mort avec plusieurs de ses compagnons. Le 26 septembre 1943, à la Citadelle de Besançon, Henri Fertet est exécuté aux côtés de quinze autres résistants. Il lui manque alors un mois et un jour pour atteindre ses 17 ans. Son engagement, sa détermination et son sacrifice feront de lui l’un des symboles de la jeunesse française entrée en Résistance face à l’occupation nazie.

Mais ce qui a véritablement fait entrer Henri Fertet dans la mémoire collective, c’est une lettre bouleversante, écrite à ses parents quelques instants avant son exécution, et devenue l’un des témoignages les plus poignants de la Seconde Guerre mondiale. Dans ces dernières lignes, l’adolescent ne se contente pas d’évoquer son engagement patriotique : il parle de sa famille, de ses livres, de ses collections archéologiques, de son petit frère Pierre et de l’affection qui le lie à ses parents. Il exprime également son souhait de voir naître une France libre, travailleuse et heureuse. Au milieu de ces pensées, une phrase révèle toute l’humanité de ce jeune condamné : « C’est dur quand même de mourir. » La lettre circule rapidement dans la clandestinité, recopiée par des habitants et reproduite dans plusieurs publications de la Résistance. Le 9 décembre 1943, Maurice Schumann lui rend hommage sur les ondes de la BBC, depuis Londres. Après la Libération, Henri Fertet reçoit plusieurs distinctions nationales, notamment la Légion d’honneur, la Croix de guerre et la Médaille de la Résistance. Il est fait Compagnon de la Libération à titre posthume le 7 juillet 1945, une distinction particulièrement prestigieuse. Son histoire continue aujourd’hui d’être transmise aux nouvelles générations, notamment grâce au Musée de la Résistance et de la Déportation de Besançon et à l’association À la Mémoire d’Henri Fertet, présidée par Jean-Jacques Fito, ancien proviseur du lycée Victor-Hugo. Pour célébrer le centenaire de sa naissance, une conférence intitulée « Henri Fertet, le visage de la Résistance » est organisée ce mardi 27 octobre à 14 heures, salle Proudhon au Kursaal de Besançon, avant une cérémonie officielle ouverte au public à 16 heures à la Citadelle, devant les poteaux des fusillés. La présence d’Alice Rufo, ministre déléguée auprès de la ministre des Armées et des Anciens combattants, ainsi que celle du général Thierry Burkhard, délégué national de l’Ordre de la Libération, ont été annoncées. Le souvenir du jeune résistant bénéficie également d’un nouvel hommage national : son nom a été choisi pour la première promotion du nouveau service militaire français. Un siècle après sa naissance, l’histoire d’Henri Fertet rappelle qu’un adolescent passionné d’histoire, de livres et de liberté a choisi de risquer sa vie pour défendre ses convictions. Derrière les cérémonies officielles demeure surtout le souvenir d’un garçon de 16 ans qui, jusque dans ses derniers instants, pensait à sa famille et à l’avenir de son pays.

Pochette
● EN DIRECTCrazy RadioChargement...À suivre : chargement...
QR code application Crazy Radio Scanner l’app