Le premier temple hindou traditionnel de France, des années de conception et quelques jours de polémiques. Après plus de 10 ans de travail, les membres de BAPS Mandir Swaminarayan Hindou de Paris ont inauguré leur temple hindou traditionnel sur l’Esplanade des Religions et des Cultures (3 allée Madame de Montespan à Bussy-Saint-Georges), lors du Festival de la Culture du 2 au 14 septembre 2026. Après la polémique de la Tour Eiffel et la venue de Mahant Swami Maharaj (le guru de BAPS) en France, les membres de l’organisation ont accueilli les élus locaux pour un moment d’échanges. Une découverte immersive des traditions hindoues…

Une célébration de l’Inde, de sa culture et de ses richesses. Du 2 au 14 septembre 2026, le Festival de la Culture a rassemblé plus de 10 000 visiteurs à Bussy-Saint-Georges venant des quatre coins du monde. « C’est neuf ans de travail pour aboutir à ce mandir, quelques mois intenses pour la préparation de ce Festival de la Culture. Un très bel événement, des dizaines de milliers de personnes sont venues à Bussy… 41 pays représentés. » Lancée par l’inauguration du rond-point Namasté et la visite de Valérie Pécresse, l’ouverture du temple hindou traditionnel a été marquée par la polémique de la Tour Eiffel, suite à la visite des moines en France. « Je l’ai dit, tout ceci est inacceptable, mais il faut aussi reconnaître qu’il y a eu un excès de zèle venant d’un certain nombre de personnes (notamment sur la société qui exploite la Tour Eiffel) – qui n’a pas fait l’objet d’une demande des moines. » Suite à cette affaire, Emmanuel Grégoire (Maire de Paris) avait promis l’ouverture d’une enquête, la ville étant propriétaire à 99%. Le samedi 12 septembre 2026, le Parti socialiste, le PCF, les écologistes et Place publique ont organisé un rassemblement à Bussy-Saint-Georges pour soutenir leur attachement à la laïcité, aux droits des femmes, à l’égalité entre les femmes et les hommes et aux valeurs de la République. Un mouvement soutenu par le député de la circonscription, Arnaud Bonnet. « Je le rappelle, l’Esplanade des Religions et des Cultures, c’est deux pagodes bouddhistes, une synagogue, une mosquée, un temple hindou et bientôt une église orthodoxe éthiopienne. Nos amis chrétiens sont présents avec les catholiques et les protestants. » En 2023, Yann Dubosc avait déjà reçu les moines dans son bureau pour échanger sur le projet… sans recevoir de demande particulière des équipes de BAPS. Comme les autres communautés de l’Esplanade des Religions et des Cultures, le BAPS Mandir Swaminarayan Hindou de Paris a été à la tête de l’association pour porter et participer à des actions communes. « Ce n’est pas une secte, la France cartographie l’ensemble des sectes. C’est une organisation qui a un siège à l’ONU (Organisation des Nations Unies) comme ONG (Organisation non gouvernementale) qui a rencontré le Pape, qui a rencontré Charles III (Roi du Royaume-Uni) dans un temple BAPS à Londres. Je pense que l’inclusion de la religion dans nos territoires, c’est le vrai sens de la laïcité. » Fixé par la collectivité, les membres de  l’Esplanade des Religions et des Cultures doivent suivre un cahier des charges strict : ouvrir les portes de leurs différents lieux de culte. 

Yann Dubosc, Maire de Bussy-Saint-Georges et Jenish Parekh, bénévole BAPS sont au micro de Crazy Radio
Yann Dubosc, Maire de Bussy-Saint-Georges et Jenish Parekh, bénévole BAPS sont au micro de Crazy Radio

Le premier temple en Ile-de-France, le seul en France. Le vendredi 11 septembre 2026, les portes du temple se sont ouvertes aux élus locaux pour un temps d’échange et une découverte du mandir. Un moment important pour les bénévoles de BAPS qui souhaitent partager leur culture. « L’hindouisme donne beaucoup d’importance aux invités. Il y a même un mantra qui considère que les invités sont une représentation de Dieu. Nos valeurs sont universelles… Dans mon discours, j’ai parlé des valeurs de l’hindouisme qui sont alignées avec les valeurs de la République. Des valeurs qui sont partagées par tout le monde, croyants ou non. » L’organisation de BAPS représente un courant de l’hindouisme. 60% des bénévoles sont des femmes. « Quand on entre dans le mandir, il est sur trois niveaux. Au rez-de-chaussée, il y a une salle d’accueil (avec un lobby pour déposer ses chaussures). Ensuite, on passe dans la salle d’assemblée. Ensuite, on continue vers le mandir… Le mandir, c’est le sanctuaire, le lieu sacré du dernier étage. Il est composé de plusieurs autels parce que l’hindouisme est riche et divers (avec différentes divinités). » Le temple est également composé d’une boutique avec des produits alimentaires, d’un espace de restauration, d’une salle d’exposition et d’un espace d’accueil pour les enfants. « Le mandir est ouvert à tous, que vous soyez croyants ou non croyants. » Situé à Bussy-Saint-Georges, le premier temple hindou traditionnel de France doit permettre à tous les hindous de se recueillir. Tous les jours, les membres de la communauté se retrouvent pour deux temps de prière. En dehors de ces horaires, le mandir reste un lieu de méditation. « Il y a 10 000 blocs de pierres qui ont été sculptés en Inde, avant d’être assemblés par une entreprise française à Chevallier (qui a également travaillé sur la restauration de la cathédrale Notre-Dame). 124 fenêtres décoratives, des blocs de pierres sculptés qui entourent les fenêtres (1,2 tonne). On a 7 piliers en bois à l’entrée du mandir, sculptés évidemment. 5 flèches, 10 dômes et plusieurs autels. » Un projet qui mêle le savoir-faire français à l’art ancestral indien.

« C’est une expérience unique quand on la présente… Réunir en un seul lieu : des cultes avec des traditions différentes. Il y a des défis énormes… La France avec sa tradition religieuse et laïque, c’est le bon contexte juridique et politique pour se faire. Il faut le faire parce qu’on apprend à se connaître et à vivre-ensemble. Je crois qu’on est en train de réussir à Bussy-Saint-Georges. » Depuis l’Esplanade des Religions et des Cultures, les élus locaux ont envoyé un message aux quatre coins de l’hexagone : la tolérance, la découverte et l’acceptation de l’autre.

  • Du lundi au dimanche, le temple hindou traditionnel ouvre ses portes de 8h à 10h puis de 12h à 19h30.
Olivier Colaisseau, Maire de Chanteloup-en-Brie et Jenish Parekh, bénévole BAPS sont au micro de Crazy Radio

Horaires d’ouverture du mandir : 8h à 10h 12h à 19h30