À Belfort, la mobilisation des lycéens entre ce vendredi 2 octobre dans son quatrième jour consécutif, après le déclenchement du mouvement mardi 29 septembre. Ce vendredi matin, des jeunes étaient encore rassemblés notamment devant le lycée Courbet, sous la surveillance des forces de l’ordre. Selon la préfecture du Territoire de Belfort, trois nouvelles personnes ont été interpellées en vue d’une présentation à la justice. Lors de l’une de ces interventions, un policier a été blessé au moment de l’interpellation d’un individu qui transportait dans un sac, selon les autorités, de l’acide chlorhydrique ainsi que du matériel de protection ; le fonctionnaire a été pris en charge et transporté à l’Hôpital Nord Franche-Comté. Depuis mardi, le mouvement touche principalement les secteurs des lycées Condorcet, Follereau et Courbet. Les lycéens mettent en avant plusieurs revendications : des emplois du temps jugés trop chargés, le manque de personnels, les inégalités qu’ils dénoncent autour de Parcoursup et la dégradation des conditions matérielles dans certains établissements. Des élèves ont notamment évoqué des journées pouvant aller de 8 heures à 18 heures, un temps insuffisant pour déjeuner, des salles dégradées ou présentant des problèmes d’humidité et l’absence de certains personnels. Mercredi 30 septembre, environ 250 lycéens étaient encore mobilisés devant Condorcet et Follereau et quelque 70 policiers, gendarmes, policiers municipaux et sapeurs-pompiers avaient été engagés. Les manifestants s’étaient également rendus devant le tribunal judiciaire pour soutenir plusieurs jeunes placés en garde à vue.
Le bilan des quatre journées montre toutefois une forte dégradation de la situation en marge de la mobilisation. Dès mardi 29 septembre, alors qu’environ 300 personnes s’étaient rassemblées, les violences urbaines avaient conduit à 13 interpellations et 12 gardes à vue. Mercredi puis jeudi, de nouveaux incidents ont été signalés : feux de poubelles, barricades, tirs de mortiers d’artifice, jets de pierres, de pavés, de barrières et de bouteilles incendiaires, ainsi que des jets ou la découverte d’acide chlorhydrique. Jeudi, environ 200 lycéens se trouvaient encore devant Courbet à midi et la préfecture faisait état à ce moment-là de quatre interpellations et quatre membres des forces de l’ordre légèrement blessés ; le bilan de la journée a ensuite atteint 14 interpellations et cinq membres des forces de l’ordre légèrement blessés, avec une centaine de représentants des forces de sécurité et des secours mobilisés. La préfecture distingue les lycéens venus exprimer pacifiquement leurs revendications de plusieurs individus, présentés comme extérieurs aux blocus, auxquels elle attribue une partie des violences : elle indique désormais que plus de 30 personnes ont été interpellées depuis le début des incidents. Sur le plan judiciaire, deux jeunes majeurs interpellés dès le premier jour et jusque-là inconnus de la justice ont déjà été jugés en comparution immédiate jeudi : l’un a été condamné à un an de prison avec sursis probatoire pendant deux ans, l’autre à 140 heures de travail d’intérêt général, avec six mois d’emprisonnement prévus en cas de non-exécution. Plusieurs procédures concernant des mineurs doivent également connaître des suites judiciaires. Ce vendredi, les forces de l’ordre restent donc déployées autour des établissements afin de maintenir leur accès, protéger élèves et personnels et prévenir de nouveaux affrontements, alors que la mobilisation lycéenne, elle, se poursuit pour une quatrième journée à Belfort.





















